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Africavox.com > Dossiers Interactifs > The Beauty Factor : another league ! > Femme africaine, une beauté ondoyante et... diverse
Dossier : The Beauty Factor : another league !
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Debat : Good hair comes at a price
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A fleurs de peau
Alex, Mandarin de l'ornement épidermique
Publié le 07/09/2010 par Eric Roland Kongou
Billet consulté 888 fois
 
A Douala, Limbé et Kribi, Alex tatoue les femmes de la tête au pieds. Depuis son retour du pays de Mao, le jeune homme de 35 ans, embellit de ville en ville, de chambres d'hôtel en domiciles privés, de corps à corps, Camerounaises et ...Suédoises.

Son album photos a de faux airs de revue érotique. Fleurs, cœurs, papillons et autres motifs bucolo-sexy s'exhibent sur le corps des femmes. Ici sur les seins, là sur l'échancrure des fesses, encore des fesses et même des pubis. Alex confiera avoir "déjà fait le tatouage sur le pubis de plus d’une cinquantaine de femmes". Revenons à l'album. "Ce sont quelques modèles qui permettent aux clients de choisir leurs motifs », lance Alex en guise d’explication. La clientèle, en majorité des femmes. D'après ses calculs, sur 10 clients, 9 sont des femmes. L'embellisseur de ces dames certifie : "Mon travail est comme celui d’un gynécologue. Je dois travailler avec les femmes sans succomber à leurs charmes".

Pékin, janvier 1975

Alex est un professionnel. A 35 ans, le jeune homme comptabilise déjà bien des années d'expérience. Il faut dire qu'il découvre le tatouage à l'adolescence en Chine, son pays natal. A l'époque, ses parents, tous deux Camerounais, enseignent le français au pays de Mao. Janvier 1975 : Alex voit le jour à Pékin. 14 ans plus tard, il s'engage dans l'Esthétique à Beijing : "En Chine, on peut suivre une formation spécialisée dès l’adolescence. Il y a d’ailleurs des écoles où on forme au tatouage, à l’épilation corporelle, à la coiffure, au massage thérapeutique et même à l’acupuncture", explique-t-il. Il ajoute que 7 autres africains suivaient la formation avec lui.

Douala, 31 décembre 2008

L'Afrique, le petit Mandarin la retrouve en 1999 pour... améliorer son français ! De retour au pays, un tatouage sur sa copine suffira à faire sa renommée à Douala et, à y rester. Depuis qu'il exerce dans la Capitale économique, il dit en avoir vu de toutes les couleurs :"Je ne mets pas toutes les photos dans l’album de peur d'en choquer certains". Il ouvre son téléphone portable et affiche une photo. Une femme complètement nue, Vénus cadrée du cou à la chute des reins. Des tatouages ornent l'intégralité de son corps. Alex nous explique qu'en temps normal, faire un tatouage lui prend en moyenne 30 minutes. Mais cette œuvre-là, est entrée dans les annales de l'artiste.  "J’ai commencé à 21h pour finir le lendemain à 10h. J’ai habillé cette jeune femme de tatouages, du cou jusqu’aux chevilles. Elle venait spécialement d’Europe pour que je la tatoue. Là-bas, un travail similaire coûte les yeux de la tête", assure le Mandarin. C’était le 31 décembre 2008. La femme, apprendra-t-on : une suédoise.

QG, Texaco Douala bar

Le bouche à oreille, nourrit la renommée d'Alex. Il est partenaire d'une dizaine d’instituts de beauté de Douala et des villes environnantes (Limbé et Kribi). Il offre un maquillage permanent aux femmes qui rechignent à dessiner et redessiner leurs sourcils à chaque sortie. Son QG, un Institut de beauté au célèbre Texaco Douala Bar. "Mais en vérité, je travaille davantage dans des domiciles privés ou dans des chambres d’hôtels de mes clientes", souffle-t-il. Interrogé sur ses méthodes de travail, il nous raconte une intervention type. D'abord, la cliente choisit un motif. Puis, Alex dessine la figure désirée. Pour le ventre et le bas ventre, il "commence par les épiler". Une fois la figure achevée, la cliente apprécie. Si des modifications sont à faire, Alex effectue les retouches nécessaires. C'est alors que l'artiste déploie ses talents. Il branche son outils qui a à peine la taille d’une bougie. Il y introduit une aiguille neuve et libère l'encre. Les pulsions sont rapides et les douleurs courtes. Il renouvelle le rituel et les aiguilles pour chaque cliente. Son matériel, il le commande à sa Chine natale. 


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Eric Roland Kongou
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