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SénégalLazare Kolyang est journaliste. Il est chef de Desk au Quotidien Mutations. Son avis sur le tatouage ? "Personnellement, je n'en ferai jamais." En ce qui le concerne la chose est entendue, " c'est une questions de goût". Mais Lazare est dubitatif, si ce n'est inquiet :" Je ne sais pas ce que les autres recherchent en se faisant des tatouages. Par contre, je ne condamne pas ceux qui en font. C’est une question de liberté. Mais alors, connaissent-ils tous les contours de cette pratique sur le plan sanitaire. Prennent-ils des précautions pour que les instruments de tatouages ne soient pas des sources de transmission de maladies ? Je n’en sais rien". La question serait-elle moins anodine qu'il n'y parait ? En tout cas, elle ne laisse pas indifférent. Mais au delà des questions d'hygiène, de santé et de goûts, ce qui intrigue vraiment Lazare au point de le laisser "très songeur", ce sont "tous ces tatouages avec des motifs de voyous". Nous l'aurons compris, Lazare, le tatouage, ce n'est vraiment pas son truc (sa tasse de thé).
Fille tatouée, fille légère?
Direction Akwa. Tout le long du trajet, la petite question nous taraude l'esprit. A notre arrivée, nous croisons Bernard, un courtier en assurances. Lui, c'est clair, il est "contre le tatouage". "Il y a des risques de maladies lorsque l’opération ne se passe pas dans des conditions idoines", clame l'assureur. "De toutes façons, si mon épouse se fait tatouer le corps, je crois que cela va sérieusement affecter notre relation", prévient-il à l'attention de l'absente. La menace est à prendre très au sérieux. Et pour cause, "A mon avis, lorsqu’un homme voit le tatouage sur une fille, il la considère comme une fille légère", nous dévoilera Mélanie, coiffeuse au quartier Cité-Sic. "En aucun cas je ne me ferai tatouer. Même si c’est mon copain qui me le demande. Car demain, s’il y a rupture, je m’en voudrais énormément", ajoute la jeune femme, tout en continuant à manipuler la tête de sa cliente.
J'ai tatoué le nom de mon ex dans le dos
Si, Louise savait ! Louise-Laure, pour être complet, a un tatouage dans le dos qu'elle s'applique le plus souvent à cacher. Chez elle, elle nous explique pourquoi. " J’ai tatoué le nom de mon ex dans le dos. C’est indélébile, je ne peux l’enlever". Et il est vrai que pour Louise c'est un problème: "J’ai toujours des problèmes avec les gars. Chaque fois que je fais une nouvelle rencontre, ça marche à merveille, jusqu’au jour où il voit le nom d’un autre homme dans mon dos. Lorsque je leur explique le contexte, personne ne me croit. Et mes relations amoureuses ne durent jamais. Je ne sais comment faire pour effacer le prénom de mon ex dans mon dos", souffle-t-elle dépitée. Si Louise donnerait tout l'or du monde pour se débarrasser de ce tatouage devenu trop encombrant, Nathalie, elle, y engloutirait des liasses entières de FCFA.
C'est très beau, c'est cool
Nathalie est étudiante à l’Université de Douala. Un papillon, posé sur son épaule gauche. Nous l'épinglons au quartier Bonamoussadi. Elle ne cesse de tarir d’éloges sur le tatouage : "C’est très beau. C’est cool. J’adore ça. Mon copain aussi. Je ne vois pas de mal au tatouage. Je prends toutes les précautions pour éviter d’éventuelles maladies". Son amie et voisine, Juliette, elle aussi étudiante à l’Université de Douala, renchérit : "J’ai deux tatouage sur le corps. Un sur le dos et l'autre sur une partie de mon corps dont je tairai le nom". Nous ne demanderons pas à voir. D'ailleurs, il semble que le Roméo de Juliette, il "adore particulièrement ça." Pour la rentrée , "j’ai envie de me faire tatouer une chevillière", annonce-t-elle. Ceci dit, Juliette se sent "épanouie avec ces tatouages". Joël, l'épanouissement ça le connait... et les tatouages aussi. Pour ce qui est des "filles" et du tatouage, ses expériences parlent d'elles-mêmes. Tous les week-end, ce beau et grand garçon se promène en polo sans manches. Des tatouages, il en a plein les épaules. " Toutes les filles qui voient ça, s’étranglent avec des ‘’’Oooohhhh" Elles aiment ça", s'amuse-t-il. Avant d'ajouter: "Le tatouage rend plus viril. C'est cool".
Je dois me faire ce plaisir
Pendant que Lazare s'interroge, Bernard menace, Mélanie se fixe, Louise désespère, Nathalie et Juliette s'organisent et Joël exulte, Rigobertine, elle, se tâte. Rigobertine est secrétaire. Elle aussi est séduite par le tatouage. Mais pour le moment elle ne peut pas s'en offrir un : " J’aimerais bien me faire tatouer. Mais je ne peux le faire à cause de ma religion - elle est catholique. Il y a aussi, mon entourage". C'est à dire ? "Ma mère m’a dit : "j’accepte que tu mettes les colliers autour des reins. Mais pas le tatouage. A cause de toi, toutes tes sœurs à la maison mettent aussi les colliers autour des reins. Si tu te tatoues, elles vont t’imiter" explique-t-elle. Rigobertine assure qu'elle n'insistera pas auprès de sa mère. "Mais lorsque je partirai de la maison familiale, je le ferai. Je dois me faire ce plaisir", se promet-t-elle.