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SénégalLes films d'animations publicitaires envahissent les écrans camerounais. Jusqu'en juillet dernier, impossible de zapper sans tomber sur des piles qui parlent, un petit léopards ballon aux pieds, et autres personnages cartoonesques. Les professionnels nous expliquent cette nouvelle tendance publicitaire.
C’est comme si elles étaient en vacances. En ce mois d’août, seule Coca Cola propose une pub d'animation. "Les spots publicitaires sur lesquels nous travaillons en ce moment, sont des commandes de clients pour les campagnes de septembre 2010, à l’occasion de la rentrée scolaire", confie Martial, Chef publicité à Douala. Et pourtant, jusqu’au mois de juillet, c’était le festival des films d'animation publicitaires sur les chaines camerounaises : La nouvelle campagne de la boisson gazeuse Top des Brasseries du Cameroun, la promotion des piles Pilcam, le show de Zakumi la mascotte MTN de la Coupe du Monde, AES Sonel avec la campagne "Pas besoin de vous électrocuter pour vivre le Mondial", etc.
Si ce type de publicité existe depuis des années dans l’univers visuel, elle fait ici une percée fulgurante. Au delà du Cameroun, les films d'animation publicitaires font partie des nouveautés du petit monde médiatique africain. "Elle est en fait la résultante du très grand progrès informatique que l’on observe dans tous les domaines de notre société. Dans la publicité, le cinéma et autres produits audiovisuels. Le mot animatique est issue de l’association des mots : animation (dessins animés) et informatique", explique Armand-Brice, journaliste, réalisateur et monteur camerounais qui travaille à Abidjan.
A l’origine, l’utilisation de l’animatique dans la publicité avait pour but de pré-tester les projets de films publicitaires. "La présence grandissante des films d'animation publicitaires sur les télévisions africaines est d’abord, la résultante de l'arrimage de nos publicistes aux standards internationaux. C’est ensuite, une exigence face à des consommateurs qui veulent aller à l'essentiel ", explique Armand-Brice.
Sur les causes de ce boom, Christian, monteur et infographe à Douala explique : " pour éviter des coûts de productions très élevés, réduire le circuit – casting, repérage, tournage - et gagner en temps, les annonceurs demandent à leur agence des solutions rapides. Les films d'animation publicitaires sont une solution à ces nouvelles contraintes". Autre avantage de ce type de communication : "Le consommateur n'a pas à s'identifier à un personnage dans le choix du produit", ajoute Christian.
Une précision tout de même, les films d'animation en 3D, "sont trois ou quatre fois plus chers que le montage en 2D", soutient Armand-Brice. Ghislaine, Chef publicité Senior à Douala, apporte un bémol: "Tout est relatif. Dans la réalisation du spot, qu'il soit en 2D ou en 3D, le coût varie selon les éléments de la conception". Où se situe donc la différence entre la pub d'animation et la pub traditionnelle ? " Tout dépend des effets à produire et du concept créatif", lance Ghislaine.
Les messages sont-ils mieux reçus ? Pour Martial, la question ne se pose pas en ces termes. Petit recadrage animalier de notre Chef de pub :"Je doute fort que le message passe sans une véritable étude. On ne va pas à la chasse à l’éléphant avec des munitions qu’on utilise pour chasser la gazelle. Lorsque vous confondez les munitions, soyez sûr que vous ne ferez qu’effleurez le pachyderme".