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SénégalLa saison 2010-2011 du championnat d’élite de football du Cameroun a démarré le 13 novembre dernier. Quelques jours plus tôt, le club avait démarré ce qu'on pourrait appeler '' une préparation mystique ''. Résultat des courses, il était strictement interdit de filmer les entrainements de Caiman Football club de Douala. Il faut signaler que pour l'occasion, le Club avait quitté son bastion historique, le stade Mbappé Lepé du quartier Akwa, pour un terrain privé de la capitale économique à Maképé-Bonamoussadi à Douala. Créé en 1927, Caïman Fc, équipe populaire du canton Akwa suscite bien des passions... et des légendes. Attention, '' Caïman à 6h ''.
Raoul Tabu Foé ne réalisera donc pas son reportage sur Caïman Fc. Le reporter d’image d'Equinoxe télévision, parti ce mardi de novembre filmer les entrainements de Caïman de Douala, n’a pas pu accéder au site de l’entrainement. Et pour cause, Caïman FC a déménagé pour la circonstance. "On m’a prié de partir. Car l’équipe devait recevoir la visite des patriarches Sawa (Chefs traditionnels des Doualas) pour une bénédiction. On m’a demandé de revenir trois jours plus tard pour filmer les entrainements. Et comme Caïman avait quitté sa base, le stade Mbappé Leppé, pour ce terrain clôturé à Maképé, il m'était même impossible de me cacher pour filmer'', regrette le journaliste.
Et si la victoire dépendait des 6 coups de cloches de l'église ?
Cette scène illustre bien le mythe qui entoure ce club d’Akwa. Appartenant à une communauté qui voue un véritable culte à l'eau, le club qui tient son nom d’un reptile (Caïman ou Bana Ba Ngando en dialecte douala), n’est jamais parvenu à se départir du poids de la tradition ni de la mystique qui va l'accompagner. "Caïman à 6h", qui ne connait pas la légende ? Feu patriarche André Ngangue, par ailleurs journaliste à Radio Cameroun, aimait apporter un éclairage sur cette mythologie: '' Le bastion de Caïman, c’est le stade Mbappé Leppé. Non loin, se trouve la cathédrale catholique St Pierre et Paul. Cette église sonnait les cloches trois fois par jour : Le matin à 6 h, le midi à 12 h et le soir à 18 h, donc 6 h du soir '', rappelait à qui voulait l'entendre le journaliste. Pour expliquer, la relation entre la Cathédrale et Caïman d’Akwa, l'ancêtre disait : "Pendant un match, lorsque Caïman était mené au score, tout le monde tendait l’oreille vers l’église et avait les yeux rivés sur leurs montres. Dès que les six coups de cloches de 6h du soir retentissaient à l’église qui jouxtait le stade, les supporters hurlaient dans les gradins. Galvanisés, les joueurs se surpassaient pour inverser la tendance. À l’approche de cette heure fatidique, les équipes adverses, comme tétanisées, voyaient les Bana Ba Ngando remonter le score et les battre à plate couture '', jubilait André Ngangué. C’était la glorieuse époque de ''Caïman à 6h''. C'était la belle époque d'André Ngangue. Et pourtant, sans vouloir fâcher la mémoire du patriarche, le palmarès du club n’était pas si fameux. Vainqueur du championnat en 1962, 1968, 1975, le club d’Akwa n’a jamais plus remporté la Coupe du Cameroun. Ils furent trois fois malheureux finalistes en 1971, 1972 et 1977.
Le président « Petit-Pays »
Quatre décennies plus tard, après les années fastes de la légende du '' Caïman à 6h '', le mythique Caïman continue de susciter les passions. Les entrainements du club sont très courus par les supporters qui font et défont les dirigeants. Le poste de président général est devenu une véritable chaise éjectable. Une instabilité due, sans doute, au va-et-vient du club qui joue entre le championnat d’élite et la deuxième division. L'on peut cependant constater que depuis deux ans, le club a retrouvé une certaine sérénité avec l’arrivée de Claude Adolphe Moundi, alias ''Petit-Pays'', célèbre musicien camerounais dont la réputation n'est plus à faire.
Comme toute star, ''Petit-Pays'' a ses caprices. Ne dit-on pas "caprices de stars" ! Ses frasques animent la chronique people de la ville de Douala. Mais, lorsque son équipe gagne, quand elle gagne, il descend de la tribune d’honneur pour aller sur l’aire de jeu jubiler avec ses joueurs. C’est aussi sur le rectangle vert et devant les caméras qu’il paie les primes de victoires à ses troupes. "J’emmène régulièrement mes joueurs au night club car il faut qu’ils décompressent", confessait à la presse le truculent président qui change de collaborateurs au gré de ses humeurs.
Pas moins …4 entraineurs limogés par l’imprévisible président « Petit-Pays »
Si le poste de président général s’est stabilisé, celui d'entraineur, lui, est aussi éphémère que la brise matinale. Pour la saison 2009-2010, pas moins …de quatre entraineurs ont été limogés par l’imprévisible président ''Petit-Pays''. A la question de savoir si le banc de touche sera-t-il plus stable pour la nouvelle saison, le président Adolphe Claude Moundi rétorque : "Lorsque j’avais pris des décisions, le public et les gens avaient mal compris. Aujourd’hui, tout le monde dit : ''Petit-Pays a raison''. Je vois les choses à distance. Je demande donc à mes collaborateurs et surtout aux fans de me faire confiance dans mes décisions. Personne n’est éternel dans Caïman. Tout le monde est venu servir le Caïman et continuer son chemin. Pour l’instant, on laisse ceux qui sont là pour faire leur travail. S’ils ne le font pas comme il se doit, on ne va pas les garder pour leur faire plaisir. Ils vont partir du Caïman car la roue du Caïman tourne », tranche le président ''Petit-Pays''. Le message est clair. Les Bana Ba Ngando doivent retrouver leur aura d'antan, la '' légende du Caïman à 6h '' doit perdurer. Le caïman du fleuve Wouri continuera donc de filer à la vitesse de Petit-Pays un point c'est tout. Des méthodes décriées par les supporters du club. Mais pour le moment, les résultats militent plutôt en faveur de '' Petit-Pays '' : la saison dernière, l'équipe qui évoluait en 2ème division a accédé au championnat d'élite.
Repères
Nom du club : Caïman de Douala
Date de création : 1927
Couleur : Rouge et blanc
Stade : Mbappé Leppé
Date d'accession en Mtn Elite One : 2009-2010
Palmarès
Vainqueur championnat : 1962, 1968, 1975
Finaliste : 1971, 1972, 1977
Encadrement technique
Gabriel Zabo (transfuge de l’Union de Douala)
Tchounté Léon (Clément Assimba « Miracle »)
Dikambi Daniel (Directeur technique)
BIO EXPRESS