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Dossier : Terreur dans la cité...Chronique Ivoirienne
3 débats • 7 billets • 25 commentaires
Debat : Sauvé par son geôlier
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Sauvé par son geôlier
Témoignage sur un supplice programmé
Publié le 19/01/2011 par Prince Beganssou
Billet consulté 6227 fois
Sauvé par son geôlier

Plus de 240 morts en un mois de crise postélectorale. Autant de personnes portées disparues. Et trois fois plus de blessés. La comptabilité macabre dressée chaque semaine par l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) fait froid dans le dos. Les témoignages sur les supplices que subissent les victimes aussi.



Charles, 24 ans, est étudiant en criminologie à l’université de Cocody. Aujourd’hui, il vit dans la clandestinité dans un bidonville de Cocody où il a trouvé refuge chez un ami d’enfance. Membre de le section universitaire de la Jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), il était chargé avec les autres membres du bureau d’organiser une tournée dans les cités universitaires, en vue de la campagne de leur candidat, Henri Konan Bédié, au premier tour de l’élection présidentielle. Ladite tournée a débuté dans sa cité, celle des 220 Logements à Adjamé. La rencontre s’est achevée dans la débandade. Des responsables locaux de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) supporters farouches du candidat Laurent Gbagbo, ont violemment dispersé le rassemblement. Les malheurs de Charles commencent ce jour-là.

Vidé de la cité universitaire

"Quand je suis rentré dans ma chambre en cité, mes affaires étaient éparpillés sur le lit. Mon voisin de chambre avait fui avec ses affaires et mes appareils électroménagers avaient été volés. Quelques instants après, le secrétaire de section de la Fesci, que je considérais pourtant comme un ami, est arrivé dans ma chambre, accompagné d’une dizaine de fescistes armés de gourdins et de machettes, et m’a intimé l’ordre de vider les lieux dans l’heure qui suivait", relate Charles.

Quand la Fesci ordonne, on s’exécute. Ce mouvement estudiantin qui jouit d’une totale impunité, a à son compteur, plusieurs crimes et délits allant de l’assassinat au meurtre en passant par le viol, le trafic de drogue et le racket, selon un rapport de Human Right Watch.

"Je me suis retrouvé, à Cocody, à la maison du parti (PDCI, NDLR) qui servait de quartier général à notre candidat. D’autres étudiants y étaient avant moi. Au second tour, quand le siège du parti est devenu le QG du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, qui a investi Alassane Ouattara comme son candidat au second tour, NDLR) des familles entières sont arrivées là, chassées de leurs quartiers par des militants de La majorité présidentielle (LMP, mouvement politique qui a porté la candidature de Laurent Gbagbo, NDLR) ou menacées de mort par des hommes en armes et en treillis, proches de Laurent Gbagbo", témoigne Charles.

" Ils tiraient partout"

Il se souvient de la descente de la Fesci, courant décembre, au siège du PDCI, devenu dortoir pour environ 200 personnes, à en croire le Général Gaston Ouassénan Koné, le président des élus de ce parti. "Cette attaque surprise a fait près de 40 blessés parmi nous, rapporte Charles. Mais ce n’était rien face à la descente des policiers et des gendarmes à l’aube du mardi 4 janvier. C’était effroyable. Ils tiraient partout. Ils lançaient des grenades et des bombes lacrymogènes. Ils disaient qu’ils cherchaient des armes qu’on aurait cachées, mais ils n’ont trouvé aucune arme. Cependant, ils ont tué Crimo (de son vrai nom, Sidibé Karim, chef des personnes qui ont retrouvé refuge au siège du PDCI, NDLR). Ils ont arrêté tous ceux qui n’ont pas pu s’échapper, dont moi et des blessés".

Direction : préfecture de police, située en plein cœur du Plateau, la commune administrative d’Abidjan. " Les policiers nous ont alignés au soleil, affirme Charles, puis ont commencé à nous torturer en nous traitant de rebelles. Chacun d’entre nous devait s’agenouiller dans le gravier et marcher sur les genoux sur plus de 20 m. Ils nous obligeaient à faire des pompes et à nager sur la terre ferme, en chronométrant. Ils frappaient tous ceux qu’ils trouvaient lents à la nage sur la terre ferme".

Le supplice de Charles a commencé à prendre fin, au moment du contrôle des identités : "Quand l’un des policiers qui contrôlait les identités est arrivé à mon niveau, il a sursauté quand il a vu mon nom sur ma carte d’identité. Il m’a demandé : "Tu es Gagou ? ". Je lui ai répondu : "Oui chef". Il a rétorqué, cette fois-ci dans mon dialecte : "Qu’est-ce que tu faisais au siège du PDCI ?". Je lui ai dit en affichant un visage encore plus pathétique, en gagou, que je n’avais nulle part où aller, après que j’eus été vidé de la cité universitaire. Il m’a dit de me mettre à côté, puis a continué son travail. Quelques minutes après, au moment où des élèves policiers nous conduisaient dans une cellule au sous-sol, il est venu vers moi et m’a tiré du groupe. Il m’a conduit dans une autre cellule où étaient des personnes placées en garde à vue et soupçonnées de vols ou de consommation de drogue, etc.".

Charles s’arrête un instant, remue la tête et essuie une larme puis laisse tomber : "J’ai compris ce jour-là qu’un voleur valait mieux que moi, qui n’avais commis aucun crime ni délit et dont le seul tort était d’être un militant politique".

Portés disparus

"Dans la soirée, mon compatriote policier est arrivé dans la cellule, muni d’une clé. Il a lu une liste de noms. Les personnes concernées sortaient de la cellule, sans rien dire. A la fin de son appel, il me regarda et lança : "Toi, tu viens avec nous". Dans l’allée, il m’a remis ma carte nationale d’identité, et m’a appris que j’étais libre. Mais il me fit une sévère mise en garde : "Petit, ta place n’est pas là bas. Je t’ai sorti de là parce que je suis gagou comme toi. Mais si on te reprend, je ne serai pas là pour te sauver". Je lui ai dit merci et lui ai demandé : "Et les autres camarades ?". Il me jeta un regard méchant avant de lâcher : "Si tu veux retourner en cellule, tu me le fais savoir". Je ne plaçais plus un mot jusqu’à ce que je sorte de la préfecture".

Charles dit ignorer ce que sont devenus ses autres camarades arrêtés en même temps que lui : "Nous étions plus de 60. Ont-ils été libérés ? Ont-ils été tués ? Je n’en sais rien, mais chaque fois que j’apprends qu’on a découvert un charnier créé par les forces fidèles à Laurent Gbagbo, je me dis que mes camarades peuvent bien être parmi ces corps anonymes".


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Prince Beganssou
Abidjan
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12 commentaires

commentaire du 20/01/2011 par Ismaïla-1
Et qui disait que les ex-rebelles des Forces nouvelles étaient armées ? Voici les génocidaires du GPP avec à leur tête Laurent Gbagbo ! À cause d’eux l’Afrique est encore plus noire…noire… noire
 
commentaire du 20/01/2011 par Ismaïla-1
Quel témoignage émouvant. A cause d’un seul homme, Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire vit un génocide. Toute l’Afrique est triste et seule l’option militaire reste indubitablement la première étape du commencement de la paix.
 
commentaire du 30/01/2011 par hervé
yako frère. il y a un Dieu pour les opprimés. et il arrive le temps où les oppresseurs payeront pour leurs crimes.
 
commentaire du 03/02/2011 par maliga
c'est triste tout cela. courage quand même. mais sâche que tu es sur une très mauvaise voie. on ne peut opposer à la violence de votre leader ouattara (chef des forces nouvelles) et à ceux qui le suivent que de la violence aussi. apprêter vous à être violenter parceque c'est elle qui est votre programme politique. l'utiliser pour arriver au pouvoir. bande d'irresponsables.
 
commentaire du 20/02/2011 par kouam
Je suis camerounais, chaque ivoirien a parait t-il une histoire à raconter pour discréditer l'autre candidat. Aujourd'hui je ne crois plus aux histoires, je crois aux images présentées. Si toutes les victimes économiques de Ouattara étaient mises dans une fosse commune, ce serait le plus grand charnier de l'Afrique
 
commentaire du 23/02/2011 par gygy
bien cher ami de faire de bon roman. ne vois tu pas qu'en lisant dans les lignes il y'a un personnage immaginaire qu'es charles? nous sommes qu'en même partis à l'école on sait se que c'est qu'un roman ainsi qu'un personnage. je suis camerounais et vivant au cameroun.c'est faut ton histoire.cherche s'en une autre qui puisse etre juste du moins.
 
commentaire du 24/02/2011 par ouzin,l'africain
moi en tant que africain,je me sens tres mal.et tout ça a cause des imbeciles,pouvoiriste,sans notion.nous devons,ns autres africains,se lever et de dire non a ses betes.il n'y a pas de frontiere,ni de patrie.il y'a l'afrique,notre afrique.et si nous en ne nous chargeons pas.personne ne va le faire a notre place.merde aux dictateurs,votre place est l'enfer et non a mon afrique.
 
commentaire du 27/02/2011 par esmo
Frère arrête d'intoxiquer les personnes étrangères à notre crise. les personnes qui étaient au siège du PDCI à cocody étaient tout sauf civile. vous vous souvenez des descentes faites par ces personnes à la cité Mermoz en pillant et agressant les pauvres étudiants qui y étaient. La descente de la police s'est faite dans le but de sécuriser les citadins des cités universitaires. Mais ce que tu refuses de dire dans tes courriers ce sont les assasinats perpetrés par les partisants et rebelles du RDR de Ouattara Alassane dans les différents quartiers de la ville d'Abidjan tout simplement parcequ'on est sympatisant de Gbagbo. Ce que je voudrais te dire c'est de te désolidariser de ces criminels qui veulent à tout prix accéder au pouvoir même s'ils devraient tuer tous les Ivoiriens. Le PDCI n'est pas violent alors désolidarise toi de ces tueurs. du courage!
 
commentaire du 27/02/2011 par esmo
Frère arrête d'intoxiquer les personnes étrangères à notre crise. les personnes qui étaient au siège du PDCI à cocody étaient tout sauf civile. vous vous souvenez des descentes faites par ces personnes à la cité Mermoz en pillant et agressant les pauvres étudiants qui y étaient. La descente de la police s'est faite dans le but de sécuriser les citadins des cités universitaires. Mais ce que tu refuses de dire dans tes courriers ce sont les assasinats perpetrés par les partisants et rebelles du RDR de Ouattara Alassane dans les différents quartiers de la ville d'Abidjan tout simplement parcequ'on est sympatisant de Gbagbo. Ce que je voudrais te dire c'est de te désolidariser de ces criminels qui veulent à tout prix accéder au pouvoir même s'ils devraient tuer tous les Ivoiriens. Le PDCI n'est pas violent alors désolidarise toi de ces tueurs. du courage!
 
commentaire du 21/04/2011 par christ le balèz
L'expression "tu es gagou?" me fait de la peine. Même si c'est ce "gagouisme" qui a pu sauver mon frère bien aimé, qu'il me soit permis de dire que c'est là que ce trouve le drame! Cette expression est la preuve de la faillite morale et de l'inculture de toute la police nationale ivoirienne. YAKO grand frère et du courage sutout, car des "Gagou" comme ceux-ci, il en existe encore beaucoup dans notre pauvre pays. Yako! Yako mon frère!
 
commentaire du 13/05/2011 par jolima
C'est parce qu'ils ne t'ont tuer que tu dis ça. Le M. Gbagbo , dites ils vous a fait quoi ? Vous êtes trop méchant envers lui. C'est de la légitime défense qu'il a faite. Votre allassane Burkinabé là, c'est pas lui qui tue les Ivoiriens dépuis 2002. De grâce Ivoiriens Ouvrez grand les yeux. Mais le dit l'adage Dieu ne dors pas. Wait and see
 
commentaire du 19/05/2011 par hervé
en plus de crimo, 2 jeunes du siège du pdci ont été brûlés vifs par les miliciens de gbagbo. on est à l'heure de la réconciliation, sinon, gbagbo et les siens doivent payer pour tous leurs crimes.
 
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