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SénégalPrès d’un an plus tard, elle porte encore des cicatrices. Ce qu'Olga, 22 ans, étudiante à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestions Appliquées (FSEGA) de l’Université, gardera un très mauvais souvenir de la Saint Valentin 2010. " Comme toute bonne étudiante qui se respecte, j’ai mes 3 C. le Chic, le Choc et le Chèque. En tant normal, je les jongle normalement. Chacun a son jour de rencontre ".
Une fille, trois dates d’anniversaire
Et comme Olga a trois " gars " (copains), elle ne peut organiser un anniversaire le 23 mai, jour de sa naissance. " Si je le faisais, j’aurais tous mes trois gars sur la main ", confie-t-elle. Pour éviter que les trois gars se rencontrent tous le même jour de fête, elle organise trois anniversaires à des jours différents pour chacun de ses copains. " Là, chacun des sponsors (copains, NDLR) finance l’organisation et invite ses amis. Après le partage du gâteau et l’exécution du happy birthday dans ma chambre à la Cité universitaire, on boit un verre. Généralement, la soirée s’achève en discothèque avec mes copines et ses amis ", confie Olga.
" Ma journée du 14 février, je l’avais réglé comme une montre suisse "
Si le jeu de trois anniversaires en une année fonctionne à merveille, la célébration de la Saint Valentin est une équation plus difficile à gérer. Olga témoigne : " En janvier 2010, j’ai commencé à travailler sur leurs corps (à les préparer psychologiquement, NDLR) pour que chacun de mes gars me garde un vrai cadeau d’amour. Ma journée du 14 février, je l’avais réglé comme une montre suisse. La soirée et la nuit du 13 février, je la passe avec l’un. Je reste avec lui le matin du 14 février jusqu’à midi. J’abandonne le premier en prétextant aller au cours en Fac. A partir de midi, je cours chez le second copain, je fais la cuisine et on passe le bon jusqu’à 18h où je prétexte des cours à faire. Dès la tombée de la nuit, je fonce chez le troisième gars. On fait une ballade nocturne et on finit la soirée à un diner aux chandelles ", raconte-t-elle.
Le jour J, la montre suisse va se détraquer.
A l’approche du 14 février, le Chèque et le Choc, qui travaillent dans une multinationale à Douala prétextent des missions hors de la ville. Le Chic confirme sa présence à Douala. C’est avec ce dernier que Olga va passer sa Saint Valentin. " Bien évidemment, chacun m’a appelé de bonne heure le matin pour me souhaiter bonne fête. Et me promet le cadeau dès le week-end prochain. Le soir du 14 février, je suis dans ma chambre. Le Chic vient me chercher pour qu’on sorte. Pendant que je prends mon bain, j’entends mon petit ami causer deux personnes qui sont arrivées entre temps. Puis, silence. Dix minutes, plus tard, je sors des toilettes. Je tombe nez à nez avec mes trois gars. Chacun avec un paquet de cadeau à ses pieds. Evidement, chacun a compris. Deux d’entre eux, particulièrement violents, m’ont roué de coups de poings. C’est alerté par mes cris que les voisins accourus m’ont sauvé. J’avais fait trois jours à l’hôpital ", raconte Olga qui n’a pas encore compris cette étrange coïncidence. La montre suisse s’était sans doute détraquer.
Phénomène tendance
Au-delà d’Olga, le sacro principe des 3 C prend de l’ampleur dans le milieu estudiantin. Au lendemain des fêtes du 14 amoureux, les faits divers fleurissent les manchettes des éditions des journaux et des radios de la capitale économique du Cameroun. " Rien que pour l’année dernière (2010) par exemple, nous avons trois cas de crise de jalousie dans les cités estudiantines. C’est scènes de ménages fréquentes ", confirme bibiche, journaliste à Cauris Fm, une radio de Douala. Pour justifier cette pratique de Saint Valentin qui devient un véritable business, les étudiantes interrogées brandissent l’argument de la pauvreté.
Notes sexuellement transmissibles
" Mais en réalité, c’est la vie facile qui peut expliquer cela. Les jeunes filles ont le gros cœur. Une situation qui prend de l’ampleur par le fait plusieurs travailleurs sont très fiers de raconter que leurs copines sont des étudiantes. Celles-ci sont devenues trop matérialistes. C’est dommage. Les valeurs africaines ont foutu le camp. C’est pour cela que de plus en plus, on parle de… Notes sexuellement transmissibles dans les campus universitaires ", déplore, George, un étudiant en Sciences juridique et politique. En effet, en ce janvier 2010, l’universitaire Jean Emmanuel Pondi a mis sur le marché un livre qui suscite le débat au Cameroun : Le droit de cuissage.