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SénégalUn projet mort-né de 1.17 milliards de francs CFA (1.8 million d’euros), un parc national et sa population menacés de disparition. La décision de suspension des aides prise par les bailleurs de fonds au lendemain de la réélection contestée du Président Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire affecte la biodiversité.
" La décision de suspension des aides prise par les partenaires au développement est dommageable pour la biodiversité en Côte d’Ivoire ". Jean Detho, le président de l’Organisation non gouvernementale (ONG) Protection de l’environnement en Côte d’Ivoire (PECI) est effondré. Son ONG a œuvré avec acharnement pour qu’une communauté de bailleurs de fonds, s’engage dans une action de préservation de la biodiversité en Côte d’Ivoire. " Aujourd’hui, ces efforts semblent être vains ", regrette-t-il. Selon ses explications, " le Gouvernement Ivoirien a obtenu du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), grâce à l’action concertée de plusieurs ONG et de structures engagées dans la préservation de l’environnement, le financement d’un projet d’urgence d’un montant de 1.17 milliard de francs CFA (1.8 million d’euros), pour le parc national de la Comoé ", dans le Nord-Est du pays.
Conserver le parc de la Comoé
" Le projet est exécuté par la Banque mondiale ", précise le colonel des douanes, Lambert Kahiba, directeur général de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR). La mise en œuvre des actions urgentes, selon lui, devrait se faire en collaboration avec certains pays notamment la France et l’Allemagne. Ces deux pays de l’Union Européenne ont eux aussi suspendu leur participation à ce projet qui vise, selon le colonel Kahiba, à " stopper la dégradation croissante de la diversité biologique, à préserver de façon durable un échantillon représentatif de la diversité biologique, à relancer les activités de conservation du parc national de la Comoé et à renforcer les capacités de gestion de l’OIPR ". Le projet devrait, en clair, permettre une meilleure protection de la faune et de la flore dans ce parc. Sa suspension n’est pas seulement synonyme de mort quasi certaine des animaux et de la végétation, elle est aussi et surtout une perte importante de ressources financières pour les populations riveraines du parc.
Richesse perdue pour les populations
Le directeur général de l’OIPR indique que " la mise en œuvre de ce projet constituerait une importante source de création de richesses aussi bien pour les populations riveraines que pour les opérateurs économiques. C’était également une opportunité pour les organisations non gouvernementales du secteur de l’environnement, des partenaires de l’OIPR qui devraient être activement impliqués dans les activités diverses, tels le suivi écologique, l’information, l’éducation et la communication avec les communautés. " Outre le parc national de la Comoé, classé site du Patrimoine mondial, le parc national de Taï, situé dans le Sud-Ouest du pays, voit sa population animale et végétale ainsi que son écosystème menacés. Ce parc n’existe encore que par la subvention qu’accorde la Coopération allemande à l’OIPR.
Si la crise perdure et que la suspension des aides des institutions financières internationales et des pays de l’Union Européenne continue, les parcs de Côte d’Ivoire risquent de ne plus avoir d’espèces. " Les braconniers et autres trafiquants, entre temps, seraient devenus les maîtres des lieux ", prévient le président de l’ONG PECI.