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SénégalErnest Koffi est gestionnaire financier. Il a été directeur général de la Coopérative de gestion et de crédit (Coogec) puis responsable financier dans un établissement d’intermédiation financière. " Les entreprises ferment, donc plus d'activités qui tournent, le licenciement prend du volume de même que les chômages technique ", démontre-t-il.
Africavox.com : Comment expliquez-vous cette crise de la liquidité en Côte d’Ivoire ?
Ernest Koffi : La crise de la liquidité en Côte d'Ivoire est née après que le gouvernement du camp de Laurent Gbagbo eut décidé de réquisitionner les agences et le personnel de la Bceao (Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest, NDLR), suite à la décision de fermeture de toutes les agences de ladite banque sur le territoire national. Cette décision émanait du gouverneur par intérim de la Bceao après reconnaissance de la signature de M. Alassane Ouattara sur les comptes de l'Etat de Côte d'Ivoire. Il faut dire que M. Laurent Gbagbo a mal digéré la démission du gouverneur de la Bceao, M. Philippe Henry Dacoury-Tablet, l'un de ses proches.
Africavox.com : A moyen et long termes, quelles sont les conséquences pour les banques ?
E.K. : L'une des missions de la Bceao est de pourvoir en fonds l'ensemble des banques commerciales œuvrant en Côte d'Ivoire. A moyen et long termes, la Bceao qui a arrêté toutes ses activités en Côte d'Ivoire ne sera plus en mesure non seulement d'approvisionner l'ensemble des banques commerciales en liquidité mais aussi d'assurer leur règlementation au niveau de la commission de l'Umoa (Union monétaire ouest-africaine, NDLR). Ces banques seront donc à court de liquidité pour faire face à toutes opérations de retrait (quand les versements se font de moins en moins importants). En conséquence, elles sont obligées de fermer.
Africavox.com : Comment les épargnants et les usagers des banques peuvent-ils remédier à cette situation ?
E.K. : Il faut mentionner que, déjà toutes les activités tournent au ralenti en Côte d'Ivoire du fait de la fermeture des banques privées, les principales du pays. Cette situation difficile vécue par la population en général et l'ensemble des usagers et épargnants des banques en particulier, n'est plus favorable à l'épargne. Il faut dire tout simplement que dans ces conditions personne ne peut épargner. Les entreprises ferment, donc plus d'activités qui tournent, le licenciement prend du volume de même que les chômages techniques. D'autre part, il est quasiment impossible d'effectuer des virements de salaire dans le privé. Au demeurant, les nationalisations et réquisitions de certaines banques en Côte d'Ivoire ne peuvent pas durer dans le temps pour la simple raison qu’elles ne sont pas des solutions.
Africavox.com : Selon vous quelles sont les solutions pour résoudre le problème du manque de liquidité ?
E.K. : Pour résoudre le manque de liquidité il faudra que l'économie tourne à plein régime, c'est-à-dire que toutes les activités économiques (les entreprises, la Bceao et les banques commerciales) reprennent. Cette situation devrait résulter de la stabilité politique avec un Président démocratiquement élu et reconnu comme tel par la communauté nationale et internationale qui reprend en main le pouvoir d'Etat. Ceci étant, des solutions d'une stabilité sociale durable, gage d'un environnement paisible pour toute activité économique et financière, auraient été trouvées pour le peuple de Côte d'Ivoire.