Site global
Cameroun
Côte d'Ivoire
SénégalC’est ainsi qu’on appelle les employées qui gravitent les échelons d’une entreprise après avoir partagé le lit de la hiérarchie. Au Cameroun, on dit de ces employées qu’elles ont le foléré à l’œil (sang à l’œil), qu’elles sont méchantes. De manière globale, il existe deux catégories de " promotions canapés " : celles qui font la cour à leurs patrons pour les mettre dans leurs lits et celles qui sont victimes des patrons coureurs de jupons. Comme dans toutes les histoires qui se passent entre quatre murs, personne n’accepte de parler à visage découvert. Malheureusement, des témoignages concordants confirment que le mal est toujours là, en veilleuse. Histoires des " promotions canapés ".
Marie-José est employée dans un établissement de micro-finance au quartier commercial Akwa à Douala. Après son baccalauréat G2, elle a trimé et fait plusieurs stages infructueux. Trois ans plus tard, elle a réussi a décrocher un " vrai job ". Célibataire, son annuaire gauche dépourvu d’alliance n’a pas échappé au regard de son boss. Sans fierté particulière, elle raconte sa mésaventure. " Après une semaine de travail, tout s’est bien déroulé. La deuxième semaine, il m’a raccompagné une nuit, vers 20h, dans son véhicule. Il a commencé à me faire des avances. Naturellement, je l’ai gentiment repoussé. La semaine d’après, lui et moi étions en ‘mission’ - fictive, je le saurais plus tard - à Kribi, une ville balnéaire camerounaise. Là, il m’a rejoint un soir dans ma chambre. Il m’a fait du chantage en bonne et due forme. J’ai démissionné à mon retour sur Douala ", témoigne-t-elle.
" Il a fini par me mettre à la porte : ‘Faute lourde’ "
Un mois plus tard, une amie de Marie-José lui trouvera un autre boulot. Le même scenario s’est répété. " Je me suis dit que je pouvais céder une fois. Et après, je refuserai de continuer à partager son lit… Ce fut une erreur fatale. Au fil des jours, il devenait possessif et en voulait plus. Il me gavait des cadeaux. Mon salaire s’est d’ailleurs multiplié par deux. Mais, lorsqu’un soir, après un pot, je lui ai fait part de mon intention de rompre, il est entré dans une colère noire. Il a commencé à me menacer. Pendant le mois qui suivait, j’ai vécu une galère impossible. Il trouvait à redire sur tout. Il critiquait tout ce que je faisais. Il aboyait après moi sans cesse. Naturellement, il a finit par me mettre à la porte : ‘Faute lourde’. Imaginaire, bien sûr ! Je suis partie de là sans un radis. A l’inspection du travail où j’ai porté plainte, l’affaire n’a pas prospéré. Je regrette même d’avoir commencé ces conneries ", s’étrangle-t-elle, de colère.
" Mes parents étant pauvres, je suis juste réaliste "
Si Marie-José n’a pas eu de chance, Sandrine, 23 ans, semble tirer avantage de son statut. Secrétaire dans une agence de voyage, Sandrine est d’un réalisme calculateur. " Je suis célibataire. Mon boss est marié. Et c’est un statut qui m’arrange. Il ne viendra jamais passé la nuit chez moi. Je peux jongler avec mon petit-ami, sans que personne ne s’en rende compte ", confie la jeune fille dont le corps athlétique épouse merveilleusement bien ses tenues sexy. " Avec l’argent que mon boss me donne, ajouté à mon salaire, je peux payer mes études en MBA (Master and Business Administration, NDLR) à l’Université de Douala qui s’élèvent à plus d’un million FCFA par an. Mes parents étant pauvres, je suis juste réaliste ", confie-t-elle d’un ton glacial.
" Ma patronne me fait une cour assidue "
Angéa est assistante de direction dans une PME à Douala. Cette entreprise située au quartier Bali fait dans la vente de consommables informatiques. La patronne d’Angéa qui travaille jusqu’à parfois 21 heures exige que sa collaboratrice l’assiste. Mais la patronne a des comportements intriguants. " Un soir, sa main a glissé sur ma cuisse. J’ai cru que c’était par inadvertance. Un autre soir, elle a commencé à me raconter comment elle appréciait mon travail et surtout que je lui manquais. Elle me fait une cour assidue. Mais elle n’a jamais osé franchir le rubicond pour me dire franchement ce qu’elle a sur le cœur. Je fais semblant de ne rien comprendre. Je ne sais combien de temps va encore durer ce jeu du chat et de la souris ", confie, Angéa, soucieuse. Cette dernière jure qu’elle ne va pas céder. Pendant ce temps, elle a peur de perdre son boulot.
" Les motivations sont différentes "
Pourquoi une secrétaire ou une assistante de direction peut être amenée à céder aux avances de son patron ? " Il y a plusieurs facteurs. Il y a celles qui veulent avoir le gain facile. D’autres veulent l’accès rapide aux postes à responsabilités, ou encore le maintien au boulot. Vous comprenez que les motivations diffèrent d’une femme à une autre. Mais, dans notre Fédération, nous encourageons nos membres à être correcte dans l’habillement et à privilégier les rapports Patron-Secrétaire. Pas plus ", sermonne Mme Blanche Booto, présidente de la Fédération camerounaise des secrétaires et assistantes de direction et attachés de direction du Cameroun (Fecasaad).
Statut particulier
Depuis quelques années, le statut particulier des secrétaires et assistantes de direction a été déposé dans les services du Premier ministère du Cameroun à Yaoundé. Toutes les femmes espèrent que ce dossier sortira un jour des tiroirs pour enfin être étudié.
