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SénégalA quelques exceptions près, le quotidien des secrétaires est presque le même : prendre des communications téléphoniques, gérer l’agenda de leur patron, noter les rendez-vous, rédiger des comptes rendus de réunions, etc. Mais au delà de ces tâches, les secrétaires sont parfois sujettes à beaucoup de contraintes inimaginables, notamment les heures de fin de travail tardives, les droits de cuissages, les chantages... Madame Blanche Booto, employée à la Direction Générale des Douanes du Cameroun, est présidente de la Fédération camerounaise des secrétaires assistants et attachés de direction (Fecasaad). Elle fait le tour de ces difficultés pour Africavox.com.
Africavox.com : Quel est le profil des secrétaires que nous retrouvons aujourd’hui dans les différents services ?
Blanche Booto : Nous avons tout type de secrétaires dans nos différents services, c’est-à-dire, du plus petit niveau au niveau supérieur. Nous avons des secrétaires titulaires du CEP, du BEPC, Probatoire G1, du Baccalauréat G1, du BTS, de Licences et Maîtrises professionnelles. Par ailleurs, parmi nos membres, nous avons les dactylographes (CEP ; BEPC) ; les sténodactylographes (Probatoire ou BAC G1) ; les secrétaires de direction (BTS, DEUG) et enfin les assistantes et attachées de direction (Licence et Maîtrise Professionnelles).
Africavox.com : Pourquoi avez-vous senti la nécessité de vous constituer en association ? Combien de membres comprend-t-elle ? Quand a-t-elle été créée ? Quelles sont vos réalisations ?
B.B. : L’idée d’une association fut lancée le 6 Novembre 1985 à l’initiative de Madame Rachel Tiki, alors Secrétaire de Direction à l’Hôtel SAWA à Douala, suite à ses multiples voyages à l’étranger et voyant comment les Françaises et les Américaines s’étaient déjà regroupées en Association. Aujourd’hui, le Mouvement des Secrétaires et Assistantes de Direction au Cameroun a eu 25 ans et compte plus de 5.000 adhérents dans tout le territoire national. A ce jour, les réalisations et le bilan se résument entre autres à la création de plusieurs associations indépendantes des secrétaires, à la formation, au recyclage, à l’apprentissage de l’anglais, aux voyages linguistiques (nationaux et internationaux), aux séminaires de formation, tant au niveau national qu’international, à la participation aux programmes d’échanges avec des concoeurs africaines et européennes, à l’organisation de plusieurs foras, congrès et symposium, la commémoration et célébration de la Journée Internationale des Secrétaires etc…
Africavox.com : Quelles sont les difficultés auxquelles sont confrontées les secrétaires au quotidien (contraintes horaires, sociales, dérapage des patrons, etc) ?
B.B. : Comme vous l’avez si bien énuméré, les difficultés se situent au niveau des contraintes comme la disponibilité et les horaires tardifs. Par exemple, une secrétaire n’est ni en mesure d’accompagner ses enfants à l’école, ni de faire répéter les enfants le soir, ni de manger en famille…
Africavox.com : Le droit de cuissage est-il toujours d’actualité ? Quelle est l’ampleur de ce mal ? Pouvez-vous nous raconter quelques anecdotes ?
B.B. : Je pense que ce mot est de moins en moins d’actualité, parce que nous sensibilisons nos membres quant aux manières de se tenir, de se vêtir, et de se comporter avec un patron, ne laisser primer que la relation professionnelle en mettant ses capacités et aptitudes professionnelles en avant. La secrétaire n’est pas la femme du patron ! C’est beaucoup plus aux secrétaires de travailler leurs comportements afin de neutraliser la relation patron/secrétaire. C’est aussi un problème que l’on rencontre dans le monde professionnel en général, pas uniquement chez les secrétaires.
Africavox.com : Que faites-vous des plaintes de vos membres ? Portez-vous plainte contre les patrons indélicats à la police ? Au ministère du travail ?
B.B. : Nous travaillons en partenariat avec l’Association CAmerounaise des FEmmes Juristes (ACAFEJ) et le Ministère du Travail.
Africavox.com : Les secrétaires ne prêtent-elles pas, en réalité, à ces « dérapages » des patrons ?
B.B. : D’où la sensibilisation aux changements de comportements des secrétaires elles-mêmes, via le savoir-faire et le savoir être.
Africavox.com : Quelles propositions pour que le métier de secrétaire retrouve ses lettres de noblesse ?
B.B. : Pour que la secrétaire ou l’assistante de direction retrouve ses lettres de noblesse, nous devons pratiquer uniquement l’excellence dans l’exercice de notre métier, notamment en nous perfectionnant d’avantage à travers les formations (T.I.C.) et autres connaissances (Ressources humaines, Communication, Relations Publiques, Marketing etc…)