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Dossier : Ménage de printemps... Chronique Ivoirienne
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Debat : Cahier d'un retour au pays natal
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Deux mois de salaire, ça se fête !
L'Etat paie ses dettes envers ses fonctionnaires
Publié le 18/05/2011 par Prince Beganssou
Billet consulté 628 fois
Fête

Les fonctionnaires ivoiriens n’ont pas touché de salaire à la fin du mois de mars. Ils ont donc touché leur dû au début du mois de mai, conformément à la promesse du nouveau Président. Libre à chacun d’en disposer comme il l’entend !



Retour sur ce dimanche 1er mai, jour férié pour cause de fête du travail à travers le monde. Pourtant, ce 1er mai, les travailleurs de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie en Côte d’Ivoire (Bicici) sont à leurs postes à l’agence mère du Plateau (centre administratif de la Côte d’Ivoire). Ils payent leurs salaires aux travailleurs de la fonction publique qui, pour leur part ne vont ni à un quelconque défilé de travailleurs, ni à la messe du dimanche. Depuis deux mois, ils n’ont pas perçu de salaire, à cause de la crise postélectorale. Dans le rang se trouve Gbanflin Kouadio, un enseignant au lycée technique qui se dit convaincu que les créanciers l’attendent à la maison, puisque le nouveau pouvoir a " commis l’erreur " d’annoncer " la bonne nouvelle ", à l’aide d’un battage médiatique.

" Je suis criblé de dettes "

En effet, pour ce fonctionnaire qui n’aime ni les virées nocturnes, ni les fêtes budgétivores, les deux mois de salaire vont servir à rembourser des dettes. " Je suis criblé de dettes. Ma carte magnétique était arrivée à expiration avant la fin de l’année et la fermeture brutale des banques ne m’a pas laissé le temps de faire un retrait d’argent conséquent. En outre, personne ne s’était préparé à ce que la crise s’étende sur un temps aussi long ", admet-il. " Ce qui m’a poussé à m’endetter, ce sont les prix des denrées de première nécessité qui avaient triplé voire quintuplé, au plus fort de la crise ", explique-t-il. Gbanflin, comme les autres fonctionnaires dans son cas, garde confiance en l’avenir. " Qui paye ses dettes s’enrichit, dit-on ", avance-t-il en souriant.

Le collègue qu’il héberge chez lui à Cocody depuis que ce dernier a fui les combats à Yopougon, a une autre préoccupation. C’est celle de trouver un toit pour réunir à nouveau sa famille dispersée à travers la ville.

Tourner la page

" J’ai tout perdu. Mon véhicule a été emporté par des gens en armes. L’appartement que je louais a fait l’objet de pillage et de saccage. Je dois reprendre tout à zéro. Alors, je cherche un nouveau domicile à Cocody, non loin de mon lieu de travail. Mes deux mois de salaire n’ont pas suffi pour réunir la somme nécessaire à la caution et à l’avance exigées par le propriétaire de la villa que j’ai trouvée. Il me faut donc faire un retrait sur mon compte d’épargne. Pour moi, la note de la guerre est très salée ", fait-il savoir. Il compte aménager " le plus tôt possible " dans sa nouvelle résidence et chercher à réorganiser sa vie. Il faut " tourner la page et avancer ".

Certains fonctionnaires ont choisi de disposer autrement de leur argent. A La Terrasse, un restaurant-bar situé à Angré Mahou (commune de Cocody), ce samedi 7 mai, un groupe de fonctionnaires s’est donné rendez-vous pour célébrer les retrouvailles. Edmond en fait parti. Il est un jeune instituteur dans une école primaire de Yopougon. " Je n’ai pas d’enfant, je ne suis pas marié, et la vie est courte, comme on a pu le voir avec cette crise. Alors je fête la renaissance de la Côte d’Ivoire avec certains copains ", raconte-t-il, sous les acclamations du groupe. Sur la rangée de tables se trouvent des bouteilles de bière entamées, du vin de table, des poulets braisés et du poisson rôti. Des filles viennent plus tard se joindre au groupe, qui chante, danse et boit. Pour eux, la fin de la crise rime avec beuverie. Et ils ne comptent pas regarder à la dépense. Surtout avec deux mois de salaire en poche.

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Prince Beganssou
Abidjan
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