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Dossier : Défis du nouveau pouvoir... Chronique Ivoirienne
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Debat : Etat des lieux après le déluge de feu
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Course contre la montre pour sauver l'année scolaire
Elèves et enseignants sous pression
Publié le 25/05/2011 par Prince Beganssou
Billet consulté 680 fois
Etat des lieux après le déluge de feu

Depuis fin avril, les salles de classe sont officiellement rouvertes en Côte d’Ivoire, après plusieurs mois de perturbation. Elèves, enseignants et responsables de l’éducation nationale font une course de fond. Objectif : sauver l’année scolaire.



L’école a repris ses droits dans le préscolaire, le primaire et le secondaire. Tous les enseignants, encadreurs et élèves qui ne reprennent pas le chemin des classes s’exposent à des sanctions. Les conseillers pédagogiques, les inspecteurs, les censeurs, les chefs d’établissement, les directeurs régionaux de l’éducation nationale, chacun à son niveau doit veiller à ce que cette reprise soit effective ". Les mots de la ministre de l’Education nationale et de la formation de base, ministre déléguée à l’Enseignement supérieur, Mme Kandia Camara, sonnent comme des injonctions. Si la première responsable de l’Education nationale met la pression sur les principaux responsables de l’école plus d’un mois après la chute de M. Gbagbo, c’est qu’il y a péril en la demeure.

8 mois de retard

La rentrée scolaire 2010-2011 prévue pour septembre 2010 n’a jamais eu lieu et ce, dans de nombreux établissements scolaires du pays, notamment ceux d’Abidjan et des zones ex-assiégées du centre, du nord et de l’ouest du pays ", explique Pascal K., enseignant d’histoire-géographie à Yamoussoukro. " En réalité, c’est maintenant que commence la rentrée des classes dans certaines régions, ce qui fait qu’il y a huit mois de retard sur le calendrier scolaire. Cela est dramatique ". Pascal K. justifie ce retard par la campagne électorale liée à l’élection présidentielle " en octobre dernier pour le premier tour et en novembre pour le second tour. Après ces deux échéances, il y a eu la période de la crise postélectorale qui a duré quatre mois, de début décembre à mi-avril, voire début mai pour certaines zones ".

De son côté, Méité Bakary, président de l’ONG Education pour tous, fait savoir qu’" il est possible de sauver l’année scolaire si tout le monde se met au travail. Seulement, le gouvernement a intérêt à régler le problème de sécurité. Il est vrai que les arriérés de salaire des fonctionnaires en général et des enseignants en particulier ont été payés. Cependant, il faut dire que les pillages de biens et les menaces physiques, qui sont le fait d’individus en armes et en treillis opérant souvent à visage découvert en pleine journée, ne sont pas de nature à rassurer tout le monde ".

Pour Daniel, 18 ans, élève de terminale au lycée classique d’Abidjan, il est hors de question de reprendre sa classe " à cause des politiciens ".

Obsession de l’année blanche

Daniel est obsédé par l’éventualité d’une année scolaire blanche. " Même s’il faut qu’on aille à l’école pendant les vacances scolaires et qu’on présente les examens en pleine fête de Noël, je suis prêt pour cela. Je veux en finir avec le secondaire ", avance-t-il. Le pari de la ministre de l’Education nationale est difficile à respecter, mais pas impossible à tenir. " Il est clair que le programme scolaire ne sera pas épuisé dans toutes les directions régionales. A condition que le ministère de tutelle choisisse d’organiser des examens de fin d’année pour chacune des directions, en fonction du rythme de chacune, ce qui ne me paraît pas très pertinent. Ce qui va se passer c’est que des élèves auront plus de chance que d’autres, parce qu’ils auront bouclé le programme, alors que cela n’aura pas été le cas pour tout le monde  ", note Méité Bakary.

Au 26ème étage de la tour D de la cité administrative du Plateau, siège du ministère de l’Education nationale, aucun responsable ne veut prononcer l’expression " année blanche ". Une expression devenue taboue, qui met davantage la pression sur les responsables de l’école. Pour l’heure, aucune date précise n’a été officiellement fixée pour les examens scolaires. " Ce sera probablement en octobre ou en novembre, au plus tard. Autrement, il faudra bien que les autorités proclament l’année blanche. Dans ce cas, il faudra pouvoir expliquer aux parents d’élèves pourquoi cette décision n’a pas été prise plus tôt, afin qu’ils économisent l’argent qu’ils auraient gaspillé dans les frais scolaires de leurs enfants ".

Pour l’heure, on n’en est pas là en Côte d’Ivoire. Et tout le monde veut croire que l’année scolaire 2010-2011 ira jusqu’à son terme, contre vents et marées.


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Prince Beganssou
Abidjan
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