Site global
Cameroun
Côte d'Ivoire
SénégalLe débat sur l’égalité des salaires homme/femme est encore présent en Côte d’Ivoire. D’un côté se trouvent ceux qui à la lumière des lois estiment que les femmes doivent avoir un salaire semblable à celui des hommes. De l’autre, il y a ceux qui pensent que la " femme Ivoirienne ne fait rien avec ce qu’elle gagne " et qu’à ce titre, elle doit se contenter de ce qu’elle touche !
Ils sont des hommes de couches sociales et de niveaux intellectuels différents, ils ne se trouvent pas vieux jeu, ne pensent pas non plus être des ennemis de la femme ou même être contre leur émancipation. Leur seule logique est que la femme Ivoirienne fait preuve d’un manque de maturité si grand que le débat autour de l’égalité des salaires ne doit pas se poser.
" Elles vont avoir le même salaire que nous pour quoi ? "
Premier argument qu’ils avancent : la femme Ivoirienne ne fait rien avec ce qu’elle gagne. " Prenez un ratio de 100 foyers ivoiriens. Dans 60% d’entre eux, l’homme fait tout, dans 30% la femme fait l’effort d’épauler l’homme et dans 10%, la femme pèse plus que l’homme au plan finance " nous explique Joachim K., chargé de donné dans un cabinet d’étude privé. " Ces chiffres sont vérifiables au quotidien dans nos quartiers et à chaque coin de rue. Même dans le parlé des femmes, on arrive à déceler celles qui assurent des charges dans leurs foyers et celles qui attendent tout de l’homme " conclut-il. En effet, de nombreuses femmes sont convaincues que toutes les charges de la maison reviennent à l’homme, puisqu’il est chef de famille. " Même la boîte d’allumettes qui ne coûte 25 FCFA, elles sont obligées de nous attendre pour l’acheter. Quand vous avez le malheur de leur demander si elles ne travaillent pas, elles vous répondent que leurs salaires sont là pour leurs besoins personnels " affirme Jacques Y., enseignant. La femme doit donc travailler pour s’acheter sa pommade, son tissage, son rouge à lèvres, ses pagnes qui ont déjà rempli tous les placards de la maison… " Alors quand vous voulez seulement utiliser ce que vous gagner pour briller et laisser les hommes souffrir seuls, comment voulez-vous que l’autorité vous donne un salaire comme celui des hommes ? ", s’interroge Drissa S., chef de distribution de produits pharmaceutiques. " A diplôme égal, un salaire égal comme on l’entend chanter par moment. Mais moi je dirais à engagement familial égal, salaire égal » soutient Yannick K. N., ingénieur TP.
Alors mesdames, qu’en pensez-vous ? « Certaines de nos sœurs exagèrent ! Il arrive qu’elles touchent plus que leurs maris à la fin du mois mais elles se rabattent toujours sur le peu que monsieur gagne pour les besoins de la famille. Je pense que si nous voulons trouver une oreille attentive dans ce combat pour l’égalité des salaires, il va falloir changer notre manière de faire dans nos foyers " affirme Sonia A., assistante de direction.
L’égalité des salaires s’impose
Si de nombreuses femmes comme Sonia A. estiment que la balle du changement se trouve dans leur camp, elles sont aussi nombreuses à soutenir qu’au-delà des critiques, l’égalité des salaires est une question de droit. Le droit ne peut pas dire une chose et son contraire. " Le préambule de notre constitution le dit clairement : hommes et femmes dans ce pays naissent égaux en droit. Alors pourquoi donner plus à un homme pour le même travail qu’il produit aux côtés d’une femme ? " se demande Chantal A., étudiante en droit. " On peut reprocher beaucoup de choses aux femmes, entre autres leur manque d’engagement dans leurs foyers, mais pour une question de respect de la loi fondamentale de notre pays, je crois qu’un ajustement salarial s’impose " conclut-elle.
Pour Isidore K., agent municipal, la Côte d’Ivoire doit s’approprier le concept d’émancipation de la femme en encourageant les femmes à tous les niveaux. " Je crois que les femmes méritent amplement de toucher le même salaire que les hommes pour le même boulot. On parle souvent de leur manque d’engagement dans leurs foyers mais je dois vous avouer que je connais des familles à Abidjan où ce sont les femmes qui font tout ! Le moment est donc venu de rendre à César ce qui appartient à César ". " Je pense que le monde a trop évolué pour que cette conception aussi archaïque du traitement salarial homme/femme puisse subsister. Nous méritons nos salaires et ce que nous devons en faire n’engage que nous pour celles qui vivent seules et nos maris pour nous qui sommes passées devant le Maire ! " déclare Hortense B., gérante d’une structure de micro-finance. " Dans un couple, tout est une question d’éducation de la femme. L’homme est celui qui porte la culotte comme on le dit, et à ce titre, il doit clairement définir ce que son épouse doit faire. Si elle refuse de contribuer aux charges de sa propre maison en disant que son argent appartient à ses parents, c’est qu’elle n’est pas prête pour une vie à deux " nous explique Hortense.
Les femmes, pour jouer pleinement leur rôle de pilier de la famille, doivent aussi recevoir de la société des engagements clairs quant à leur épanouissement. Cela passe par la revalorisation de leurs acquis sociaux et surtout la reconnaissance de leurs efforts. Ce n’est donc pas trop demander aux hommes de permettre aux femmes de toucher le même salaire qu’eux. Il ne reste plus qu’à savoir comment amener la femme à partager les charges au quotidien !
