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SénégalLes fêtes de fin d’année offrent généralement à voir au Cameroun, une recrudescence d'accidents de la circulation. C’est la période où " on vend beaucoup de gens dans la sorcellerie ", entend-on auprès de certains superstitieux.
En observant seulement le nombre d’accidents de la route dans les trois régions les plus desservies par le trafic routier – Yaoundé, Douala, Bafoussam – les scénaristes les plus inspirés n’auraient pas tort de créer des fictions du genre : " Fin d’année sanglante au Cameroun ", " Noël meurtrier ", " les machines à tuer ", et autres titres connotant l’horreur. La fin d’année 2011 aura vu reculer cette tendance aux accidents. Aucun accident n’a été enregistré sur l’axe Yaoundé-Douala-Bafoussam entre le 31 décembre 2011 et le 1er janvier 2012. Cet axe est communément appelé le " triangle de la mort " à cause des accidents qui s’y produisent sans cesse. Cependant, une régression n’est pas une disparition et on a noté tout de même des cas qui ne sont pas moindres.
Le 23 décembre à Olembe, un quartier de Yaoundé, un grumier a heurté plusieurs voitures coincées dans un embouteillage, faisant 15 victimes, mortes sur le coup et une dizaine de blessés. Le dernier incident de cette gravité remonte au 27 août sur l’axe Yaoundé – Douala où, un camion transportant des marchandises s’est retrouvé nez-à-nez avec un car de transport en commun. Bilan, 28 morts. Dans un centre hospitalier comme l’hôpital Central de Yaoundé, on y aura enregistré entre le 24 et le 25 décembre, " seulement " trois morts. Il semble y avoir eu accalmie en cette fin d’année. 2011 aura vu une campagne de communication et de prévention sans précédent pour appeler les automobilistes à plus de rigueur au volant.
Initiative
En 2011, a été lancée la " décennie d’action pour la sécurité routière 2011 – 2020 ". Un programme initié par l’Organisation des Nations Unies (ONU) en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le Cameroun a reçu par ricochet une aide de l’Union Européenne d’une valeur de neuf millions d’euros – 5,9 milliards de FCFA – pour le développement de ses infrastructures routières. Les parlementaires se sont également mis à ce combat en menant plusieurs campagnes de prévention à travers des banderoles où on pouvait y lire : " les accidents de la route ne sont pas des faits divers mais des faits majeurs ". Une formule qui n’est pas qu’une belle image. Dans la sous région Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) comprenant des pays comme le Congo, la République-Centrafricaine, le Tchad, le Gabon, la Guinée Equatoriale ; le Cameroun occupe la tête de liste lorsqu’il s’agit d’évaluer le nombre de décès dus aux accidents de la circulation. Selon le rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde publié en 2009 par l’OMS, le Cameroun enregistrait en 2007, 990 décès par an de suite d’accidents de la route, devant le Tchad (840), la République Centre-Africaine (583), le Congo (214). Classant ainsi le Cameroun comme ayant les routes les plus dangereuses en zone Cemac.
D’après Zacharie Ngoumbe, directeur des Transports routiers au ministère des Transports, s’exprimant lors de la tenue des " Etats généraux de la prévention routière en Afrique " à Yaoundé en septembre 2011, les accidents de la circulation causent le décès de 1200 personnes par an au Cameroun. En 2010, ce nombre était de 1258 décès. Ces chiffres confirment selon Zacharie Ngoumbe, " les tendances observées sur les dix dernières années avec une forte concentration sur les routes à forte densité de trafic ". Les plus superstitieux accusent des sorciers tapis dans l’ombre de causer les accidents afin de s’ériger une fortune par des procédés mystiques. D’autres estiment que la route ne tue pas mais plutôt les hommes qui tuent la route à cause de nombreuses maladresses au volant. Faire une année sans noter d’hécatombe sur les routes serait ici de l’ordre de l’extraordinaire. Les gens se sont déjà familiarisés avec la survenue régulière d’accidents.
