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SénégalLe Jeudi des filles au Katios night club de Yaoundé a permis aux uns et aux autres de démontrer leurs talents de danseurs et de se défouler de 23h à 6h du matin.
"Un lion endormi n’est pas du tout mort", a-t-on coutume de dire. Pendant que certains pensent que le Katios night club de Yaoundé a perdu son éclat, sa réputation continue de le précéder. C’est du moins ce qu’ont laissé entendre Arielle, Gwen et Annie, trois élèves des classes de Terminale et Première présentes au Katios jeudi 29 décembre dernier. Le fait d’être restées sur la piste de danse jusqu’au petit matin a témoigné de leur satisfaction. En effet, c’était leur première fois d’y aller. La raison de leur présence dans cette boîte de nuit est simple. Leurs camarades y étaient pendant les dernières grandes vacances et se sont chargés de leur venter les mérites de la boîte. Ne pouvant se soustraire au charme décrit par leurs camarades, elles ont décidé de venir "vivre par elles-mêmes ce qu’elles avaient entendu de la bouche des autres". Le même sentiment de satisfaction était partagé par les jumeaux Epé et Koum, 2 légendes de la musique camerounaise, dans les lieux ce soir là. Ces derniers gardent de bons souvenirs de la structure et trouvent "qu’on s’y amuse bien".
Ambiance
C’est sur des airs de Zouk que la piste de danse du Katios a vu les premiers danseurs du soir. 4 couples ont ouvert la piste. Il était un peu moins de 23h. Pendant que certains autres étaient assis à siroter leurs pots, d’autres encore continuaient d’arriver. Par groupe, individuellement ou par couple, la salle a vite fait d’être bondée de monde. Jeunes âgés de 20 ans au moins, vieux et moins vieux étaient de la partie. Toutefois, la catégorie d’âge faisait la différence dans les exécutions des pas de danse. Alors que le rythme s’accélérait et s’intensifiait peu à peu, la souplesse des plus jeunes leur donnait un avantage sur les moins jeunes. Quant aux jeux de lumière, ils étaient en partie fonction du rythme de musique. Après 1 heure de temps environ, le Zouk a fait place au Rnb pendant 1 heure également. Puis des rythmes d’horizons divers se sont succédés à l’intervalle d’une trentaine de minutes chacun. Coupé-décalé ivoirien, Makossa camerounais, Dombolo congolais. Ces rythmes qui s’enchainaient avaient tous la particularité d’être dansants. Alors, un retour au calme après cette vague de chansons s’est imposé. D’où une nouvelle série de Zouks pour permettre aux uns et aux autres de reprendre leur souffle. Après 30 minutes, il était temps de revenir aux rythmes dansants. Sons Rnb américain, Rnb nigérian, Bikutsi camerounais… bref de toute variété, ont maintenu la piste animée. Une idée innovante de Pierre Ngankeu, président directeur général de la boîte.
Jeudi des filles
Les soirées du Katios étant conceptuelles, celle-ci faisait honneur aux filles. Baptisée le "Jeudi des filles", la clientèle de ce soir était à majorité féminine. Les serveuses, attentives à chaque nouveau visage, offraient un pot gratuit à chaque fille de la part de la maison. Toutes ou presque étaient sur la piste de danse. On pouvait ainsi deviner leurs formes à travers leur tenue sexy à outrance. Cuisses, dos, ventres, derrières… étaient exposés au grand jour. Celles au corps entièrement recouvert donnaient l’impression d’être de l’ancienne école. Quant aux coiffures, les greffes (tissages) de longue taille étaient en vogue. Côté chaussures, la tendance était aux talons, toutes sortes confondues, à condition qu’ils aient au moins 10 centimètres de haut. Il ne fallait pas s’encombrer de gros sac à main, sous peine d’avoir à choisir entre le garder avec soi assise ou danser avec lui accrocher à la main par mesure de précaution. Toutefois, plus la soirée battait son plein, plus lesdits sacs se faisaient utiles. D’un côté, après avoir dansé, nombreuses sont celles qui transpiraient ou avaient le visage luisant. Il fallait donc faire un tour au petit coin et se repoudrer le nez. De l’autre, il fallait se débarrasser des hauts talons qui devenaient pénibles à supporter. Les sacs servaient donc à la fois de placard et de parfumerie.
Sécurité
Pendant que les uns dansaient, buvaient, bref se réjouissaient, les autres travaillaient. Bien qu’en esquissant quelquefois des pas de danse au passage. Une dizaine d’agents de sécurité identifiables par leur tenue et leurs gabarits imposants, effectuait des va-et-vient dans la salle tout au long de la soirée. Ce qui a permis aux clients de danser en toute quiétude sans se soucier de leurs pots de vins ou de leurs sacs.
