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SénégalComme une seule et même personne, des centaines de Camerounais se sont regroupés au, Rond-point de la poste centrale de Yaoundé. Contrairement à ceux qui ont opté pour un réveillon à domicile, ces adeptes des lieux publics ont choisi d’ « attendre » l’année 2012 à la belle étoile. Leur principale motivation : les feux d’artifices.
Pour la plupart, ils sont là depuis le début de la soirée, aux environs de 19h30. Et l’on ne manque pour autant pas d’astuces pour " passer le temps " en attendant les douze coups de minuit ou pour le cas présent, du décompte jusqu’à minuit.
Adieu les réveillons en famille !
Le lieu-dit Rond-point de la poste centrale est noir de monde. Nous sommes le 31 décembre 2011, il est 22h 30 minutes. Soit une heure et trente minutes avant le 1er janvier 2012. On se croirait dans une fourmilière. Malgré la nuit déjà avancée, une chaleur étouffante se dégage des lieux. C’est donc sous des jeux de lumières aux milles couleurs, des individus discutent par petits groupes : certains font des photos souvenirs, d’autres discutent à voix haute, des éclats de rire par-ci, des petits pas de danses esquissés par-là, et ce, au rythme de la musique entrainante de la chanteuse camerounaise Lady Ponce avec son titre " les hommes " qui se fait entendre depuis le site de Ya-fe, si ce n’est pas des commentaires déplacés des jeunes garçons à l’endroit des filles et même des femmes ayant choisi un look vestimentaire qui ne cache vraiment rien des parties intimes de leur corps. Une autre catégorie d’individus, c’est ceux venus en couple, facilement reconnaissable puisque marchant bras-dessus, bras-dessous. Parfois, s’embrassant sans s’occuper des regards indiscrets. Bref, tous autant qu’ils sont, ont pris d’assaut le lieu qui sert en même temps de site qui a accueillis le célèbre rendez-vous culturel Yaoundé en fête (Ya-fe). Ils ont la ferme intention de passer le réveillon là, jusqu’à minuit ; et surtout, d’assister au lancement des feux d’artifices comme c’est le cas chaque année. " Au fil des ans, le réveillon est très vite devenu ennuyeux à mon goût lorsqu’il fallait le passer à la maison. Il y’ a trois ans de cela, des amis m’ont entrainé à ce même endroit pour passer la Saint Sylvestre. J’étais réticent mais avec les feux d’artifices à la clé, j’ai adoré. C’était magique. Comme dans les contes de fée. Depuis lors, je passe tous mes 31 décembre ici. " Confie Carole, une étudiante de 24 ans.
Et pour la plupart, il ne s’agit que du commencement. A ce propos, Ludovic Kamdem, 17 ans et élève en classe de Première D déclare : " Pour moi, il est juste question de passer le temps puisqu’après, mes copains et moi avons d’autres projets. Plus précisément aller en boîte de nuit et y danser jusqu’à l’aube. "
Quand festivité rime avec vol
Les groupes de personnes présentes au centre-ville de Yaoundé et composées pour la plupart des jeunes, ont certes déserté le nid familial. Conséquence : de nombreux désagréments tels que le vol, la bagarre et aussi, les malaises etc. La première victime rencontrée s’appelle Mathilde M. Elle a 20 ans et est accompagnée de ses sœurs. L’air inquiet, la jeune étudiante regarde de gauche à droite ; elle scrute tous les visages. Sans doute espère-t-elle repérer un individu suspect. Son problème, elle ne retrouve plus son téléphone portable qui se trouvait dans l’une des poches de son jeans serré. " Les Camerounais sont trop forts, je confirme. J’avais mon téléphone dans la poche droite de mon pantalon et je ne sais par quel miracle ou par quelle magie on me l’a soutiré. Sûrement le voleur a profité de la grande affluence qu’il y a eu tout à l’heure lorsqu’on cherchait à avoir les meilleures places pour le feu d’artifice. C’est désolant ! " Lâche-t-elle.
Le moment tant attendu…
Malgré toute cette cacophonie, une personne réussi à attirer l’attention de tous. C’est le moment du décompte. Tous en chœur, les Yaoundéens réunis au rond-point de la poste centrale commencent à compter : " dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un, zéro… " Ceci, suivi d’un retentissant " bonne année ! ". Impossible de le louper. Au même moment, le ciel s’illumine. Le feu d’artifice est lancé. Là, on s’embrasse, on chante, on rit et on cri. La joie est à son comble. Une dame, la quarantaine, les larmes aux yeux confie : " C’est une immense joie pour moi. Je me rappelle le 08 janvier 2011 exactement, mon médecin traitant m’a annoncé que je serais morte avant la fin de cette année. En Octobre plus précisément. Puisqu’étant atteinte du diabète, d’une hépatite, d’une tension oculaire et artérielle et d’une hernie discale. Donc imaginez ma joie en ce jour. " A ses côtés, son mari et ses trois fils la serrant dans leurs bras, tout aussi en larmes. Voilà donc une nouvelle vie qui s’ouvre à eux avec sans doute, plus de surprises encore. Jusqu’en 2013 ? On le leur souhaite en tout cas !
