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SénégalDepuis le début de l’année 2011, le débat fait rage sur la question de la candidature du chef de l’Etat sortant Me Wade. Nombreux sont ceux qui soutiennent que le secrétaire général national du Pds n’a pas le droit de se représenter à la présidentielle de 2012. A grand renfort d'experts, partisans de la recevabilité et tenants de l'irrecevabilité bataillent autour de la candidature présidentielle.
Constitutionnalistes, membres de l'opposition, personnalités de la société civile… Tous s'accordent pour dire que le Président de la République a épuisé le nombre de mandats autorisé par la Constitution. Deux. Tout a commencé avec Idrissa Seck. Leader de Rewmi et ancien Premier ministre de Me Wade, il a été le premier à contester la recevabilité de la candidature de son ex-mentor. Pour se faire, il a fait appel à l’éclairage du Professeur Guy Carcassonne. Le constitutionnaliste français confirme l'affirmation du maire de Thiès. Il n'en fallait pas plus pour lancer la grande controverse autour de LA question.
From Carcassonne to Dakar
Une grande partie de l'opposition sénégalaise se mêle à la polémique suivie par des personnalités de la société civile. Un séminaire est organisé par cette frange regroupée au sein du M23 (Mouvement du 23 juin) en août dernier. Tous les constitutionnalistes du pays y participent. Abdoulaye Dièye, Mounir Sy, Pape Demba Sy, Ahmet Ndiaye, Ismaïla Madior Fall : tous arrivent à la même conclusion que M. Carcassonne. " Me Wade a épuisé ses mandats et ne peut plus être candidat à l’élection présidentielle ", ont soutenu ces professeurs de droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Au même mois d'août, l’opposition invite le Pr Serigne Diop, autre constitutionnaliste, à se prononcer et à éclairer la lanterne des Sénégalais. Mais ce dernier se réfugie derrière l’obligation de réserve que lui impose sa fonction de médiateur de la République. Convaincue par les spécialistes du droit que Me Wade ne peut plus être candidat, l'opposition occupe le terrain politique et médiatique sans jamais rater l'occasion de marteler que le leader du Pds ne peut pas et ne doit pas être candidat. Mes Doudou Ndoye, Massokhna Kane, les députés Abdourahmane Sow et Samba Diouldé Thiam, des responsables du camp présidentiel, rejettent à leur tour la candidature de Me Wade.
Explication de texte version monde
Pendant ce temps, du coté du camp présidentiel la riposte s'organise. Il annonce à son tour la tenue d’un séminaire international pour prouver que son leader peut bien briguer le suffrage des Sénégalais. Après plusieurs renvois, le séminaire tant attendu s’est tenu le 21 novembre dernier. En plus de Moustapha Sourang et de Seydou Madani Sy, ancien recteur et ministre, une pléiade de constitutionnalistes européens, américains, africains et asiatiques participent à l'évènement. Les experts concluent que Me Wade peut bel et bien se représenter à la présidentielle de février : la loi n’est pas rétroactive. Par ailleurs, est avancé l'argument selon lequel, le doute doit profiter au Président de la République.
Selon l’article 27 de la Constitution, " la durée du mandat du président de la République est de cinq ans et il est renouvelable une fois ". Toutefois, parmi les dispositions transitoires qui ont accompagné le changement de régime, l’article 104 indique que " le président en fonction poursuit son mandat jusqu’à son terme ". En son aliéna 2, il précise que " toutes les autres dispositions lui sont applicables ".
Et l'âge du capitaine ?
Les non-spécialistes du droit comme beaucoup de Sénégalais évoquent, eux, l’âge du président sortant, 86 ans, pour lui demander de se retirer. D'autant que Me Wade, dans l’euphorie de sa réélection en 2007, avait lors d’une rencontre avec la presse soutenu qu’il ne sera pas candidat en 2012. Il disait alors avoir épuisé ses possibilités de mandat. Ce qu’il a réfuté il y a quelques mois lorsque la polémique a pris de l’ampleur. Dans le doute, mieux vaut s'abstenir.
L’opinion sera éclairée le 29 janvier par le Conseil constitutionnel, seule institution habilitée à juger de la recevabilité ou de l'irrecevabilité des candidatures à l'élection présidentielle.